La musique est une pratique intégrale du yoga. Dans les textes sacrés les plus anciens, dans la Gita comme dans les Sutras de Patanjali, le chant est conçu comme ouverture spirituelle. Chanter Om, le son de l’Univers, ou Ram, le nom de dieu, ou encore invoquer notre nature profonde par les mantras, dans le yoga le son est vécu comme vibration de l’univers en nous.
Krishna Das est très certainement celui qui incarne le mieux la puissance des kirtans -chants dévotionnels du Bhakti Yoga- aujourd’hui en Occident. En 1968, Krishna Das rencontre son guru Maharaj-ji en Inde et devient pujari (prêtre) du temple consacré à la Déesse Durga dans les contreforts de l’Himalaya. En 1973, il rentre aux Etats-Unis et contribue depuis à l’immense popularité que connaissent les kirtans aujourd’hui. Pour Krishna Das, les mantras (sons sacrés) ont le pouvoir de nous plonger dans l’océan de présence qui nous entoure et dont nous sommes intrinsèquement fait.
Les mots des chants sont des noms divins et ils proviennent d’un lieu plus profond que notre coeur, nos pensées, plus profond que notre esprit. En les chantant, ils nous tournent vers nous mêmes, en nous mêmes. Ils nous amènent vers l’intérieur, et tandis que nous nous offrons à cette expérience, cette expérience nous transforme. Ces chants n’ont pas d’autre signification que l’expérience que nous en avons. Ils viennent de la tradition hindou, mais cela n’a rien à voir avec le fait d’être hindou ou le fait de croire à quoique ce soit. Il s’agit juste d’en faire l’expérience. Il n’y a rien auquel il faille préalablement adhérer, il suffit de s’assoir et de chanter.
— Krishna Das (traduction Elise)
Il suffit d’écouter Krishna Das chanter en public pour sentir le pouvoir de cohésion des kirtans. On entend presque les coeurs battrent ensemble et l’espace qui unit nous tous vibre de notre présence.
Les kirtans nous plongent dans l’univers, dans ce sentiment spontané que nous appartenons tous au même espace, ce qu’on appelle aussi compassion.
Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. — Albert Einstein
